lundi, 22 août 2011

Chez Pétrarque

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Hier je vous montrais une photo prise depuis la maison de Pétrarque, à Arquà Petrarca. Mes souvenirs étaient bien vagues par rapport au charme du petit village, et cette fois je suis entrée dans la maison du poète… pour en tomber littéralement amoureuse. De la maison hein. C’est bien simple : je veux la même. Pétrarque disait qu’il s’était fait faire une maison « petite et délicieuse », il ne pouvait pas trouver de mots plus justes et la petitesse de sa demeure me convient autant que sa déliciosité. Tout à fait mon style. J’achète. Sauf la chatte momifiée (je ne veux pas d'animaux chez moi!).

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mardi, 16 août 2011

Retour au XVIe siècle, inventer la dentelle à Burano

Au XVe siècle, Burano, dans la lagune de Venise, est une île surpeuplée qui vit de pêche. Ni grands palais ni monuments imposants : sur Burano, les maisons sont basses, aux simples fenêtres carrées. Les hommes partis en mer, les femmes peignent traditionnellement leurs maisons de couleur ocre, jaune et rouge, en utilisant des pigments d’origine minérale, pour que leurs maris puissent reconnaître leur île dans la brume. 

Mais la grande occupation de ces femmes est aussi et surtout la broderie. Elles sont expertes en point coupé et/ou reticello. Ces points s'apparentent à la technique des jours et s’effectuent sur du tissu, lequel est ensuite évidé entre les motifs au fil pour ne laisser apparaître que ces derniers (en gros, hein).

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Point coupé, source

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Reticello, ici et ici.

La production de dentelle, à Venise et Burano notamment, trouve à partir de 1414 la protection de Giovanna Dandolo, épouse du doge Pasquale Malipiero. Jusqu’à la mort de celle-ci en 1426 un vent de folie souffle sur la lagune : on veut de la dentelle partout, du linge de maison aux habits et accessoires, et bien sûr jusqu’aux autels et vêtements sacerdotaux. A tel point qu'en 1476, une loi somptuaire "prévoit des peines sévères pour qui ne limite pas dans son habillement, l'usage de dentelles faites à l'aiguille et réalisées en or ou en argent".  

En 1500, Venise exporte déjà sa «dentelle» en Europe. Reines et duchesses se fournissent chez les dentelliers de Venise. Maria Morosini, femme du doge Grimani, installe à ses frais des ateliers de dentelle à Venise et à S. Fosca à Burano. Plus de cent brodeuses y travaillent. 

Un jour, vers le milieu du XVIe siècle, un bateau de marins au large de Burano est attiré par le chant de sirènes. Tout l’équipage saute à l’eau, sauf un, trop fidèle à sa belle fiancée restée sur l’île. Les sirènes s’approchèrent et chantèrent tant et plus mais rien n’y fit : le marin restait sourd à leur litanie. Emerveillée, la reine des sirènes fit d'un coup de queue, surgir de la mer une couronne d'écume. L'écume se solidifia et devint le voile de mariée de la lointaine fiancée.

Au retour du marin, les jeunes filles de Burano, brodeuses émérites et chevronnées, reproduisirent le voile de la mariée à l'aide d'une aiguille et d'un fil : sans le savoir, elles inventaient le punto in aria : point en l'air.

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source

Puis elles continuèrent, réalisant des motifs s’inspirant en partie de l'orient, où figurent fleurages, personnages et animaux de toutes sortes : la dentelle de Burano, considérée comme l'une des premières formes de dentelles, était née naturellement de l’évolution de la technique des brodeuses. Pendant plusieurs années, le point coupé, le reticello et le point en l’air vont coexister et même se mélanger : dans certains ouvrages, il est difficile de déterminer quel est le point vraiment utilisé. D'autant plus que vers 1600, Venise commence à délocaliser sa production à Burano et Pellestrina, profitant de l’extrême pauvreté de leurs habitants, et de leurs coûteux et difficiles contacts avec la terre ferme : à Burano les femmes travaillent pour une très maigre compensation et dans l’ignorance de ce que deviennent les ouvrages qu’elles produisent...

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Point en l'air, 1620, source

«La dentelle à l'aiguille se fait en jetant d'abord quelques fils de bâtis sur un dessin piqué ou tracé sur papier ou sur parchemin ; ces premiers fils serviront de support ou de charpente pour rattacher les points de contours ou de remplissage qui constitueront la dentelle a l'aiguille. Le travail de ces points a beaucoup d'analogie avec la broderie ; mais il s'en distingue en ce qu'il n'est pas fait sur un tissu de fond préalable. » Émile Molinier - Venise ses arts décoratifs, 1889.

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source

Pendant longtemps, la production resta le monopole des femmes de l'île. Elle n'était pas, comme celle des verriers de Murano, constituée en société : chaque brodeuse (ricamatrice, on ne parlait pas encore de dentelle) travaillait chez elle, sans dépendre de personne.

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Point en l'air, Burano

Au XVIIe siècle, la dentelle de Burano devient dans toute l’Europe un symbole de haut statut social, prisée par les princes, nobles et riches. En France, Louis XIV fini par en interdire l’importation, et créé la Manufacture Royale des dentelles françaises. En 1660, Colbert fait venir une trentaine d’ouvrières vénitiennes pour implanter leur artisanat en Normandie. Il confia la direction artistique à des dessinateurs célèbres, qui fournirent des modèles particulièrement élégants, et rapidement, la dentelle à l’aiguille française trouva son style propre, capable de rivaliser avec Venise. Cette dernière avait perdu le monopole de cette industrie florissante. Les dentellières furent rappelées par le Doge sous peine de mort. La France envahit bientôt le marché européen et Venise interdit l'importation de n'importe quelle dentelle ne provenant pas de la zone Vénitienne.  

La concurrence est rude. A la fin du XIXe siècle, libérée de l’occupation hollandaise, Burano se trouve dans une misère totale, amplifiée par une quasi disparition de son savoir faire séculaire. Sans l'ouverture d'une école de dentelle en 1872, le point en l'air qui a fait la réputation mondiale de l'île n’existerait peut-être plus…

C’est à cette époque également qu’apparaît sur les murs des maisons de l’île le bleu de Prusse, au milieu de la couleur ocre traditionnelle. Aujourd’hui, peintures modernes oblige, l’île est multicolore et une loi prévoit que les maisons soient repeintes une fois par an de la même couleur. Quant à la dentelle, les femmes formées à ce savoir-faire ancestral sont discrètes et l’école ne donne plus de cours réguliers. La vente massive de dentelle à Burano vient de Naples, de Palerme… et de Chine, de Hong Kong, et d’Indonésie : n'est-ce pas un éternel recommencement?

vendredi, 12 août 2011

Marcher à Venise vers 1540

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Chopines, Venise, 1600

Calcagnetti, Sopei ou Zoppieggi, désignent en vénitien un type de chaussures à semelles compensées, originellement utilisées en tant que sabot dans le but de protéger les chaussures et habits de la boue et des débris.

Devenues populaires aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les chopines (non je ne parle pas de verre à bière!) devinrent les chaussures préférées des courtisanes de la Sérénissime, rapidement suivies par les dames nobles et les demoiselles, qui engagèrent une sorte de compétition à qui aurait les semelles les plus hautes. Les chopines étaient souvent fabriquées à base de bois ou d'épais patins de liège, recouvertes de cuir ou de velours, cousues de pierres précieuses, ornées de ruban et de dentelle assortis à la chaussure.

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Chopine, Venise, vers 1740

De l’origine de la chopine, j’ai trouvé dans les livres et sur internet un peu tout et n’importe quoi. Une seule chose est sûre : c’est une chaussure originaire de Venise… mais dérivée d'un style de chaussures très répandu dans l'Espagne du XVe siècle (si répandu que les ressources de liège du pays furent presque épuisées!). 

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Chopines espagnoles, avant 1540

On peut penser que la chopine trouve son origine de l'autre côté de la Méditerranée : les belles turques, dans leur harem, portaient pour aller au bain des kabkabs, espèces de sabots sur une très haute semelle permettant de marcher sur le sol glissant et humide : les chopines s'en seraient directement inspirées.

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Kabkabs, Syrie ou turquie, 18e siècle

Les chopines présentant également une ressemblance troublante avec une chaussure chinoise traditionnelle (lire la légende ici), on peut aussi imaginer l’influence du voyage en Chine de Marco Polo quelques siècles auparavant, ou plus simplement se rappeler que Venise était la porte de tout commerce avec l’Orient et que la suggestion d’une semelle compensée a pu être ramenée par n’importe quel riche marchand dans une ville où la noblesse était friande de nouveauté.

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Qixie, chaussure mandchoue, 19e

Bref : la chopine est une chaussure typiquement vénitienne.

A Venise, la chopine devient le symbole même de la richesse et de l'aristocratie. La taille des chopines indiquait le statut social de celle qui les portait et pouvait varier entre 17, 20 et 70 centimètres. Aussi, les dames ne pouvaient se déplacer avec ces "échasses" sans l'aide d’une canne ou de domestiques sur lesquels s’appuyer –ou encore de quelque galant homme.

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Chopines, 16e siècle?

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Chopine, Venise, vers 1590-1600

Marcher avec des chopines était si peu élégant, si ridicule et si instable que des voyageurs de tous les pays se rendaient à Venise afin de voir de leurs propres yeux ce phénomène improbable. Pourtant, dans son manuel de danse intitulé Nobilità di dame (1600), le danseur italien Fabritio Caroso écrit qu'avec de l'entraînement, une femme portant des chopines pouvait se déplacer “avec grâce, sensualité, et beauté”. (source)

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Venetian Courtesan, Pietro Bertelli 1589 (cliquer pour agrandir)

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Lady and Escort Walking (à Barcelone?), Weiditz Christopher, 1529

Je disais au début de cet article que ces chaussures étaient utilisées en tant que sabot dans le but de protéger les chaussures et habits de la boue et des débris. Effectivement, ces chopines permettaient de circuler dans Venise lorsque l’acqua alta envahissait la ville. Même si je m’imagine mal marcher dans l’eau perchée sur de tels engins, je dois avouer que c’est une raison plausible. Elles étaient aussi sensées permettre de marcher  dans les ruelles et les dans cours qui alors n'étaient pas toutes pavées. Mmmm… je ne vois pas trop en quoi se percher sur 70cm -ou moins- de semelle permettrait de mieux marcher dans des rues non pavées, mais bon, admettons (en fait, c'est surtout utiliser des "sabots" cousus de dentelle et de pierres précieuses pour marcher dans l'eau ou dans la boue qui m'interpelle!!!).

En fait, de leur initial rôle de sabot elles se sont petit à petit affranchies, et la vraie raison de cette mode était son utilité sociale : comme toutes les modes de ces anciens temps, celle des chopines est devenue ce qu’elle était « grâce » aux avantages que certains y trouvaient… Les maris vénitiens auraient imposé les chopines à leurs épouses pour les empêcher de « s'égarer » : sortir accompagnées par deux domestiques ne permettait pas aux femmes d’être volages. L'église également voyait d'un bon œil le port de la chopine qui, en gênant le mouvement, décourageait certaines activités condamnables comme la danse. (source)

Mais ce que je trouve le plus intéressant concernant les chopines, bien que ne trouvant nulle part plus de renseignements sur la question, c’est la conséquence de cette mode discutable :

Par deux fois, en 1430 et en 1512, le Maggior Consiglio interdit d’utiliser « les infâmes chaussures » d'une hauteur supérieure à 20 cm. En effet, les fausses couches provoquées par les chutes vertigineuses dont étaient régulièrement victimes les femmes marchant à l’aide de chopines étaient nombreuses. Une autre raison était aussi de mettre un frein à la compétition entre les femmes et aux excès de luxe.

Ces interdictions restèrent sans effet. La mode a ses raisons que la raison ignore.

*****

Des explications et des illustrations, si vous lisez l'anglais, ici.

lundi, 25 juillet 2011

La couture à l'oeuvre

Après quelques jours à Paris, avant de reprendre le train pour Caen j’ai filé in extremis au musée Bourdelle pour visiter l’expo des robes de Madame Grès, dont c’était le dernier jour. En fait de dernier jour, l’exposition est prolongée pendant un mois et je n’ai qu’une chose à dire : allez-y ! Courez, volez, même si la haute couture n’est pas votre priorité.

Dans le très beau musée Bourdelle, que j’ai découvert par la même occasion, la cohabitation des œuvres du sculpteur et de la couturière fonctionne étonnamment bien. Une robe orange illumine l’atelier de l’artiste, tandis qu’une toile de robe du soir semble prête à s’envoler au pied des sculptures monumentales d'Antoine Bourdelle. 

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80 robes sont exposées, et, s’il est interdit de les toucher on peut néanmoins en faire le tour  à loisir et s’en approcher dangereusement sans qu’aucun gardien ne fasse trop de zèle… Madame Grès aurait voulu être sculpteur, "pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre" disait-elle. Effectivement, des coupes intemporelles, originales et plus modernes que jamais aux drapés déconcertants, en passant par de belles couleurs franches et audacieuses, on ne peut qu’admirer la technique quasi architecturale et se désoler de n’avoir pas ce génie…

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« Grès déteste couper le tissu et utilise un jersey de grande largeur, spécialement fabriqué pour elle à partir des années 1960 par Racine. Les ouvrières spécialisées, appelées « drapeuses » réduisent donc, grâce à cette technique, le lé de 280cm de large à 7cm seulement. Cette technique incroyable explique la très grande envergure des jupes qui atteignent parfois 21 mètres de circonférence. »

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Madame Grès, la couture à l’œuvre, au musée Bourdelle, prolongée jusqu’au 28 août. Prévoir du temps pour tout bien lire et admirer et voir la vidéo, moi je l’ai fait en courant en une heure et demie! La page de l'expo, ici, et un bon résumé du travail de la couturière .

mercredi, 29 juin 2011

100% lin

Réintroduit dans la région au XXe siècle par des agriculteurs des Flandres, le lin normand est surtout cultivé en Seine-Maritime, dans l’Eure et en Plaine de Caen. La Normandie représente aujourd’hui 60 % des surfaces françaises cultivées en lin textile (ne pas confondre avec le lin oléagineux, duquel on recherche surtout les graines, alors que l'on recherche les fibres du lin textile).

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Le semis a lieu entre mi-mars et début avril, dans une terre riche, profonde et d’un climat tempéré et humide. Il faut ensuite compter 15 à 20 jours pour la levée. La croissance du lin est rapide et sa tige peut atteindre un mètre de hauteur. En juin, sa floraison peut durer jusqu'à 15 jours, mais chaque fleur a une durée de vie de quelques heures. Environ un mois après le début de la floraison, le lin est mûr, la récolte peut avoir lieu. Le lin est arraché mécaniquement afin de conserver la longueur des tiges et donc des fibres. Il est laissé sur le sol, débute alors l'étape du rouissage. Si les conditions climatiques sont favorables, ce phénomène naturel permet, grâce à l'action de micro-organismes, de séparer les fibres de l'écorce et du bois. Le rouissage dure de 3 à 7 semaines, il est activé par les actions conjuguées de la rosée, de la pluie, du vent et du soleil. Le lin peut être retourné une à plusieurs fois pour faciliter le processus. Après rouissage, le lin est récolté, enroulé sous forme de balles rondes pour être ensuite teillé (action qui consiste à séparer mécaniquement les fibres textiles des parties ligneuses de la plante), peigné, filé et tissé. En raison de la brièveté de son cycle, le lin est une espèce sensible aux conditions de sol et de climat. Il faut attendre 6 à 7 ans entre deux cultures de lin sur la même terre.

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Pour que le produit puisse être utilisable par l’industrie textile, les filasses doivent être peignées pour ensuite être envoyées vers les filateurs, principalement localisés en Chine, puis les tisseurs (en Italie et dans les Pays de l'Est). La Chine achète tous les ans 80 à 85 % de la production mondiale de filasses qu'elle réexporte ensuite à travers le monde, sous forme transformée.

De l’habillement au linge de maison en passant par les sacs postaux, la ficelle ou les tuyaux à incendie, les débouchés du lin sont très nombreux et diversifiés. Avec 70 % des débouchés, les fibres longues de lin servent avant tout pour l’habillement, suivi par le linge de maison (15 %). Viennent ensuite la décoration, les revêtements muraux ou d'ameublement et les tissus techniques, plus spécialisés.
Les étoupes (fibres courtes) partent pour la papeterie ou en débouchés techniques.
Les anas (résidus de paille) sont utilisés pour la fabrication de panneaux agglomérés ou de portes coupe feu (bon pouvoir isolant), mais aussi valorisés en litière pour volailles et chevaux ou comme paillage écologique. D'autres débouchés sont apparus comme les matériaux composites dans le secteur automobile ou les utilisations à des fins énergétiques (chauffage à la biomasse et cogénération).
Les graines issues de la création variétale sont utilisées en semences. Les graines de lin, outre la semence, sont transformées en huile ou solvant qui constituent une base pour la savonnerie, les peintures ou les vernis. Les tourteaux issus du pressage des graines sont utilisés comme aliment pour animaux (forte teneur en Oméga 3).

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  • Avec 100 kg de paille de lin, on obtient : 50 kg d'anas, 16 à 20 kg de lin teillé, 10 à 12 kg d'étoupes et 5 à 10 kg de graines, le reste se compose d'impuretés. 

  • Avec 1 ha de lin, on produit au total : 
    Filière textile : 800 chemises, 1 500 chemisiers, 500 jupes, 100 draps, 100 nappes, 100 rideaux. 
    Filière non tissé : 1 000 panneaux de portières automobiles. 
    Anas : 300 m2 de paillage écologique. 
    Filière graine : 200 kg de tourteaux et paillettes (aliment du bétail) et 100 litres d'huiles de lin (peinture).

...

*** Photos prises aux portes ouvertes de l'usine de teillage de lin à Bourguébus. Je n'ai pas inventé cet article, j'ai fait un joli copié-collé resumé de cette page. Lire aussi cet article. ***

mercredi, 22 juin 2011

Des films

Pina. De Wim Wenders.

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De Pina Bausch je ne connaissais que l'extrait de Café Müller que l'on voit dans Parle Avec Elle et qui m'avait beaucoup marqué. J'ai donc vraiment découvert l'univers de cette chorégraphe dans ce documentaire de Wim Wenders. Ce n'est d'ailleurs pas un documentaire mais un hommage, très beau, tendre, rythmé. La ville, la campagne, l'eau, les éléments, de longues robes magnifiques, des extraits de spectacles, des images d'archives, des témoignages, de la couleur, beaucoup d'émotions... -et de la danse! : c'est un film que j'aurai plaisir à revoir.

Le Chat Du Rabbin. De Joann Sfar, Antoine Delesvaux.

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Le Chat Du Rabbin, on ne le présente plus, et pourtant j'ai été le voir sans  avoir lu ni la BD, ni même le synopsis! J'y allais confiante car j'avais aimé Gainsbourg (Vie Héroïque), et l'expo Brassens Ou La Liberté. Je n'ai pas été déçue, j'ai même adoré, avec un faible pour les belles couleurs, la musique... et la fille du rabbin! Les vues d'Alger sont très belles, le graphisme rend particulièrement bien l'ambiance de la ville et de la vie quotidienne, les motifs, la lumière et les ombres qui se faufilent. Un très bon film que je recommande.

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Beginners. De Mike Mills.

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Dans ce film, le chien parle : ça m'a beaucoup plu.

Medianeras. De Gustavo Taretto.

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Buenos Aires et son architecture, voilà le vrai sujet du film, sur fond de manque de communication et du mal être qui en découle. De belles images de la ville, des anecdotes sur son histoire, différents points de vues sur son présent, et des questionnements sur son avenir. Des dessins d'architecture rythment le film, et la communication visuelle urbaine a la part belle ainsi que les titres des "châpitres"  qui s'invitent dans l'image... Et le fameux Où est Charly qui se cache jusqu'au jour où...

Un film sympa qui ne donne pas du tout envie de visiter Buenos Aires peut aussi se voir comme on lit un guide touristique et qui peut orienter différemment un prochain voyage dans la capitale Argentine.

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samedi, 04 juin 2011

Atys

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Ici c'est fini, courez le voir à Bordeaux ce mois-ci, à Versailles en juillet, puis à New-York en septembre!

dimanche, 29 mai 2011

Chemises talismaniques

Au palais de Topkapi, Istanbul.

A la mort de chaque membre de la famille ottomane, ses vêtements et effets personnels étaient aussitôt rangés dans un linge, étiquetés de la date et du nom du défunt et conservés dans de grands coffres dans le Trésor Royal du palais de Topkapi.  Une fois par an, tout était sorti des coffres pour être aéré et nettoyé si besoin. Quand on sait la longévité de la dynastie ottomane - de 1299 à 1922 - il est difficile d’imaginer ces grands ménages : plus de 3000 pièces étaient entreposées au Trésor Royal!

Actuellement le Trésor Royal est sous vitrine et ça ressemble fort à un trésor de pirates comme on en voit dans les films : trônes en or, cassettes remplies de diamants, poignard en émeraudes, bijoux de princesses, etc., je ne vous fait pas de dessin. Quelques vêtements seulement sont visibles, si beaux qu’on peine à croire qu’ils aient été portés :

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Caftan à manches longues à motifs de feuilles et fleurs de saz ; milieu du XVème siècle.

Bref. Au détour d’une vitrine je suis tombée sur la chemise talismanique du prince Djem, dit Zizim : une chemise toute pleine d’écritures et de figures géométriques qu’on dirait des grilles de sudoku.

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En fait, les chemises talismaniques ou chemises protectrices, tılsımlı gömlek ou şıfalı gömlek en Turc, étaient censées avoir des vertus thérapeutiques et protectrices contre –retenez votre souffle-  les mauvais esprits, les dangers de la guerre ou du sérail, la jalousie, les envoûtements, les maladies ou les blessures ; mais aussi des vertus bénéfiques pour les faveurs amoureuses, la puissance sexuelle, et l'accomplissement de certains voeux comme avoir des fils pour garantir la succession.

Mazette! Vu la liste, j’appellerai carrément ça une armure moi! D’ailleurs je m’en ferais bien une, histoire de n’avoir plus rien à craindre! Pas vous? Si?

Et bien bon courage : « La confection de ces Tuniques talismaniques obéissait à des règles très contraignantes : il faut s'imaginer les astrologues du palais, réunis sur ordre du médecin chef, occupés à scruter les étoiles pour déterminer l'heure favorable ; calligraphes et maîtres doreurs, se mettre à l'œuvre devant des pièces de coton spécialement traité afin d'avoir la finesse et la  régularité du papier ; les mêmes, penchés depuis des heures sur leur ouvrage pour tracer des versets du Coran, formules religieuses et carrés magiques, selon des agencements savants dictés par la numérologie ; et plus tard, des doigts experts assemblant les différentes parties du vêtement afin d'assurer, au plus intime des épaisseurs de vêtements, toute l'efficacité du  talisman ».

Efficacité toute relative soit dit en passant, car ledit prince Zizim n’est jamais devenu sultan et est mort vraisemblablement empoisonné, loin de chez lui.

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Ces chemises étaient brodées durant l’enfance ou l’adolescence de la personne à laquelle elles étaient destinées, et lui étaient remises lorsqu'il devenait Sultan. On y brodait des versets du coran, des prières, différents motifs, formules magiques protectrices et porte-bonheur numérologiques composés de lettres et de nombres censés posséder des pouvoirs et des significations magiques, à l'or ou à l'argent  la plupart du temps. La coupe elle-même, le nombre de pièces de tissus assemblées notamment étaient importants.

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Une légende dit que ces chemises étaient faites à Bagdad : il n’y avait qu’une seule nuit dans l’année favorable à la confection de ces chemises. C’était durant cette unique nuit que le coton dont on se servait pour les faire devait être filé, tissé et cousu avant le lever du soleil par quarante filles vierges.

Si l’homme qui portait une telle chemise était touché par une balle par exemple, il était évident que :

-Ou le temps prescrit n’avait pas été observé

-Ou les quarante vierges n’étaient pas tout à fait intactes (ben tiens ça m’aurait étonnée!)

***********

Voilà.

J’étais prête à investir dans le bouquin magnifique sur le sujet vendu à la boutique du musée, mais il n’existe… qu’en turc! J’attendrais la version anglaise. Du coup je n’en sais pas beaucoup plus sur la question. Il semblerait que toutes les couches de la population avaient recours aux vêtements talismaniques, j’imagine alors que les gens moins aisés étaient moins pointilleux sur certains détails? De belles pièces ont apparemment été exposées au musée du Louvre fin 2009, si vous avez vu l’expo n’hésitez pas à me faire part de vos souvenirs et impressions –et de ce qu’en dit le catalogue de l’exposition ! Sinon, de beaux détails d'une chemise ici.

lundi, 28 mars 2011

Bref.

J’avoue, je n’ai pas cousu depuis que j’ai pris le travail en septembre dernier, sauf pour finir la petite cape de Cerys. Ce ne sont pas les listes et les échéanciers qui me manquent et mes carnets sont pleins d’idées. Beaucoup de petits vêtements sont déjà coupés et attendent d’être assemblés, beaucoup de patrons sont tracés (vive les trous dans l’emploi du temps au collège : dans la salle des prof, je suis nettement plus productive!), beaucoup de tissus sont chinés, récupérés, achetés sur le marché…. Y’a plus qu’à : visez plutôt le canapé plein à craquer !

bon bref (4).JPG Et oui, il faut le voir pour le croire! En plus là le tas n’est pas près de baisser : le boulot au collège me saoule, et quand je rentre j’ai envie de plein de chose sauf de me mettre à coudre des petites robes. 

Mais dans les prochains jours vous devriez au moins voir apparaître deux déguisements pour le carnaval de la crèche, c’est pas beau ça ?

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sources : et

Un chevalier taille 3 ans et une sirène de 10 mois. C’est pour le 1er avril, il faut que j’me dégrouille.

Et puis sinon, d’ici la fin du mois prochain, il faut que je me fasse une tenue pour le mariage d’une amie –une bonne raison de se remettre vite fait à la couture, et pour moi en plus! A priori ça sera une robe, que j’imagine bien colorée, dans ce genre :

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sources : , , et .

Bref… en attendant je reviens de Paris, où je n’ai pas cousu bien entendu. Dimanche, un tour à la cité de la musique pour l’expo sur Brassens que j’ai trouvée très bien faite, très fournie, très bien agencée, illustrée par Joann Sfar dont les dessins collent parfaitement au personnage. Et puis plein de petites choses marrantes sont réservées aux enfants qui s’ennuieraient (ou pas), dont des rébus de jurons bien rigolos (le petit garçon à côté de moi n’osait même pas les dire). Et encore en plus, vous pouvez même participer au championnat des Brassens !

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Voilà voilà. Sinon, je me disais que si j’avais un site internet à achalander je serais sans doutes plus motivée… mais ça, je sais pas faire alors sait-on jamais, je lance une bouteille à la mer à qui pourrait m’aider : j’ai une idée globale de ce que je veux, et mon budget est riquiqui. Ça vous va ?  (dites oui.)

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Sur ce, bonne semaine!

p.s : pendant que je vous tiens, dites-moi un peu vos astuces pour vous motiver quand vous n'avez vraiment vraiment mais alors vraiment pas envie...

mardi, 22 mars 2011

Sixties

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Samedi matin, je chinais une quinzaine de planches de patrons des années 1964/65. Juste pour le plaisir et pour ma «presque collection» de patrons, car la plupart des modèles récoltés ce jour-là ne me plaisent pas du tout et je ne les réaliserai sans doute jamais, même ceux que je trouve jolis ou rigolos.

Mais si les vêtements des années soixante ne me disent rien, je suis néanmoins très nostalgique de leurs couleurs, leurs imprimés, et de la bonne humeur qu’ils inspirent.

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… Et samedi soir, j’allais voir au cinéma We Want Sex Equality, de Nigel Cole.

De la couleur, de l’humour, des mises en plis comme on n’en voit plus : nous voilà en Angleterre en 1968, à l’usine Ford de Dagenham dans laquelle les femmes de l’atelier d’assemblage, décident de faire grève jusqu’à l’obtention du même salaire que les hommes.

Ces femmes, poussées par un responsable syndical plutôt féministe, vont imposer leur point de vue aux patrons de Ford complètement imperméables à l’idée que des femmes puissent faire grève… Ces dernières, déterminées et solidaires, n’imaginaient pas immobiliser Ford et rallier d’autres ouvrières à leur cause.

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Un joli tableau de l’Angleterre des années 60, de belles images de l’usine où les conditions de travail sont pourtant désastreuses : des parapluies sont ouverts au-dessus des machines les jours de pluie, et c’est en sous-vêtements qu’on y travaille les jours de chaleur! Mais le film montre aussi l’impact de la grève sur les foyers, le regard des hommes, qui, au chômage technique à cause de la grève, ne pensent pas une seule seconde à rejoindre les ouvrières dans leur combat ; et l’évolution des mentalités de celles-ci au fur et à mesure de l’ampleur de la lutte.

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Bref, un bon moment, qui donne envie d'aller manifester! La bande-annonce ici.