lundi, 05 septembre 2011

Bonne rentrée!

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Bonne rentrée à tous!

Cette année, arrêtez de ronger le bout de vos crayons, prenez plutôt exemple sur les belles tongs de Lauren Milroy, les bagues de Diana Torcoletti, le collier de Margherita Marchioni, et le bracelet joli-joli de Maria Cristina Bellucci.

Moi aujourd'hui je ne "rentre" pas, la faute à pôle emploi (!!!!!!!!!!!) qui a refusé de reconduire mon contrat pourtant renouvelable. Haha! On marche sur la tête! A suivre...

lundi, 22 août 2011

Chez Pétrarque

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Hier je vous montrais une photo prise depuis la maison de Pétrarque, à Arquà Petrarca. Mes souvenirs étaient bien vagues par rapport au charme du petit village, et cette fois je suis entrée dans la maison du poète… pour en tomber littéralement amoureuse. De la maison hein. C’est bien simple : je veux la même. Pétrarque disait qu’il s’était fait faire une maison « petite et délicieuse », il ne pouvait pas trouver de mots plus justes et la petitesse de sa demeure me convient autant que sa déliciosité. Tout à fait mon style. J’achète. Sauf la chatte momifiée (je ne veux pas d'animaux chez moi!).

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dimanche, 21 août 2011

Au pied des collines

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Vue de la maison de Pétrarque, Arquà Petrarca (Padoue)

Me voilà de retour. Après l’insupportable tiédeur vénitienne et sa collante escorte de sueur, je suis un peu dépitée de retrouver ma Normandie sous la canicule… La pluie c’est pourtant ce qu’on a fait de mieux.

Je vois que personne n’a essayé de trouver où j’allais passer mes vacances… Ah! Dès qu’on ne promet pas de cadeau on ne peut plus compter sur personne! Vu que ça ne vous intéresse pas je vais quand même vous le dire : j’étais à Noventa Vicentina, à 385 km de Rome, 64 km de Venise, et 46 km de Vérone, entre les collines euganéennes et les monts Berici. C'est plat, tout le monde fait du vélo déguisé en cycliste du tour de France et l'orage gronde souvent sans jamais éclater. Les alentours grouillent de villas palladiennes épargnées par les touristes.

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Villa dal Verme, Agugliaro (Vicence)

Pour répondre aux commentaires à propos de mon article sur les Venises reconstituées, vous avez raison, je n’ai pas cherché à lister les lieux pour lesquels on lui emprunte son nom. Voyez-en ici la liste (sûrement non exhaustive).

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Venise. En haut, fondamenta dei Mori, Cannaregio. Voir ici la petite histoire. En bas, panneau signalétique indiquant un canal accessible aux embarcations sans moteur.

mardi, 16 août 2011

Retour au XVIe siècle, inventer la dentelle à Burano

Au XVe siècle, Burano, dans la lagune de Venise, est une île surpeuplée qui vit de pêche. Ni grands palais ni monuments imposants : sur Burano, les maisons sont basses, aux simples fenêtres carrées. Les hommes partis en mer, les femmes peignent traditionnellement leurs maisons de couleur ocre, jaune et rouge, en utilisant des pigments d’origine minérale, pour que leurs maris puissent reconnaître leur île dans la brume. 

Mais la grande occupation de ces femmes est aussi et surtout la broderie. Elles sont expertes en point coupé et/ou reticello. Ces points s'apparentent à la technique des jours et s’effectuent sur du tissu, lequel est ensuite évidé entre les motifs au fil pour ne laisser apparaître que ces derniers (en gros, hein).

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Point coupé, source

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Reticello, ici et ici.

La production de dentelle, à Venise et Burano notamment, trouve à partir de 1414 la protection de Giovanna Dandolo, épouse du doge Pasquale Malipiero. Jusqu’à la mort de celle-ci en 1426 un vent de folie souffle sur la lagune : on veut de la dentelle partout, du linge de maison aux habits et accessoires, et bien sûr jusqu’aux autels et vêtements sacerdotaux. A tel point qu'en 1476, une loi somptuaire "prévoit des peines sévères pour qui ne limite pas dans son habillement, l'usage de dentelles faites à l'aiguille et réalisées en or ou en argent".  

En 1500, Venise exporte déjà sa «dentelle» en Europe. Reines et duchesses se fournissent chez les dentelliers de Venise. Maria Morosini, femme du doge Grimani, installe à ses frais des ateliers de dentelle à Venise et à S. Fosca à Burano. Plus de cent brodeuses y travaillent. 

Un jour, vers le milieu du XVIe siècle, un bateau de marins au large de Burano est attiré par le chant de sirènes. Tout l’équipage saute à l’eau, sauf un, trop fidèle à sa belle fiancée restée sur l’île. Les sirènes s’approchèrent et chantèrent tant et plus mais rien n’y fit : le marin restait sourd à leur litanie. Emerveillée, la reine des sirènes fit d'un coup de queue, surgir de la mer une couronne d'écume. L'écume se solidifia et devint le voile de mariée de la lointaine fiancée.

Au retour du marin, les jeunes filles de Burano, brodeuses émérites et chevronnées, reproduisirent le voile de la mariée à l'aide d'une aiguille et d'un fil : sans le savoir, elles inventaient le punto in aria : point en l'air.

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source

Puis elles continuèrent, réalisant des motifs s’inspirant en partie de l'orient, où figurent fleurages, personnages et animaux de toutes sortes : la dentelle de Burano, considérée comme l'une des premières formes de dentelles, était née naturellement de l’évolution de la technique des brodeuses. Pendant plusieurs années, le point coupé, le reticello et le point en l’air vont coexister et même se mélanger : dans certains ouvrages, il est difficile de déterminer quel est le point vraiment utilisé. D'autant plus que vers 1600, Venise commence à délocaliser sa production à Burano et Pellestrina, profitant de l’extrême pauvreté de leurs habitants, et de leurs coûteux et difficiles contacts avec la terre ferme : à Burano les femmes travaillent pour une très maigre compensation et dans l’ignorance de ce que deviennent les ouvrages qu’elles produisent...

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Point en l'air, 1620, source

«La dentelle à l'aiguille se fait en jetant d'abord quelques fils de bâtis sur un dessin piqué ou tracé sur papier ou sur parchemin ; ces premiers fils serviront de support ou de charpente pour rattacher les points de contours ou de remplissage qui constitueront la dentelle a l'aiguille. Le travail de ces points a beaucoup d'analogie avec la broderie ; mais il s'en distingue en ce qu'il n'est pas fait sur un tissu de fond préalable. » Émile Molinier - Venise ses arts décoratifs, 1889.

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source

Pendant longtemps, la production resta le monopole des femmes de l'île. Elle n'était pas, comme celle des verriers de Murano, constituée en société : chaque brodeuse (ricamatrice, on ne parlait pas encore de dentelle) travaillait chez elle, sans dépendre de personne.

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Point en l'air, Burano

Au XVIIe siècle, la dentelle de Burano devient dans toute l’Europe un symbole de haut statut social, prisée par les princes, nobles et riches. En France, Louis XIV fini par en interdire l’importation, et créé la Manufacture Royale des dentelles françaises. En 1660, Colbert fait venir une trentaine d’ouvrières vénitiennes pour implanter leur artisanat en Normandie. Il confia la direction artistique à des dessinateurs célèbres, qui fournirent des modèles particulièrement élégants, et rapidement, la dentelle à l’aiguille française trouva son style propre, capable de rivaliser avec Venise. Cette dernière avait perdu le monopole de cette industrie florissante. Les dentellières furent rappelées par le Doge sous peine de mort. La France envahit bientôt le marché européen et Venise interdit l'importation de n'importe quelle dentelle ne provenant pas de la zone Vénitienne.  

La concurrence est rude. A la fin du XIXe siècle, libérée de l’occupation hollandaise, Burano se trouve dans une misère totale, amplifiée par une quasi disparition de son savoir faire séculaire. Sans l'ouverture d'une école de dentelle en 1872, le point en l'air qui a fait la réputation mondiale de l'île n’existerait peut-être plus…

C’est à cette époque également qu’apparaît sur les murs des maisons de l’île le bleu de Prusse, au milieu de la couleur ocre traditionnelle. Aujourd’hui, peintures modernes oblige, l’île est multicolore et une loi prévoit que les maisons soient repeintes une fois par an de la même couleur. Quant à la dentelle, les femmes formées à ce savoir-faire ancestral sont discrètes et l’école ne donne plus de cours réguliers. La vente massive de dentelle à Burano vient de Naples, de Palerme… et de Chine, de Hong Kong, et d’Indonésie : n'est-ce pas un éternel recommencement?

lundi, 15 août 2011

15 août

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1. Sur un mur dans le Chiapas, Mexique ; 2. Philippe Katerine peint ; 3. Max Ernst, La Vierge Marie Corrigeant l'Enfant Jesus Devant Trois Témoins : André breton, Paul Eluard Et Le Peintre (j'adore ce titre), 1926 ; 4. Soasig Chamaillard, Nouvelle Bible ; 5. Wim Delvoye, Tim Steiner, l'homme tatoué, 2008 : le tatouage de Tim a été vendu en septembre 2008, 150 000 €. L'acheteur a notamment acquis le droit d'exposer l'œuvre 3 à 4 semaines par an et de récupérer le tatouage à la mort de Tim... Le monde est fou!

vendredi, 12 août 2011

Marcher à Venise vers 1540

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Chopines, Venise, 1600

Calcagnetti, Sopei ou Zoppieggi, désignent en vénitien un type de chaussures à semelles compensées, originellement utilisées en tant que sabot dans le but de protéger les chaussures et habits de la boue et des débris.

Devenues populaires aux XVe, XVIe et XVIIe siècles, les chopines (non je ne parle pas de verre à bière!) devinrent les chaussures préférées des courtisanes de la Sérénissime, rapidement suivies par les dames nobles et les demoiselles, qui engagèrent une sorte de compétition à qui aurait les semelles les plus hautes. Les chopines étaient souvent fabriquées à base de bois ou d'épais patins de liège, recouvertes de cuir ou de velours, cousues de pierres précieuses, ornées de ruban et de dentelle assortis à la chaussure.

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Chopine, Venise, vers 1740

De l’origine de la chopine, j’ai trouvé dans les livres et sur internet un peu tout et n’importe quoi. Une seule chose est sûre : c’est une chaussure originaire de Venise… mais dérivée d'un style de chaussures très répandu dans l'Espagne du XVe siècle (si répandu que les ressources de liège du pays furent presque épuisées!). 

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Chopines espagnoles, avant 1540

On peut penser que la chopine trouve son origine de l'autre côté de la Méditerranée : les belles turques, dans leur harem, portaient pour aller au bain des kabkabs, espèces de sabots sur une très haute semelle permettant de marcher sur le sol glissant et humide : les chopines s'en seraient directement inspirées.

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Kabkabs, Syrie ou turquie, 18e siècle

Les chopines présentant également une ressemblance troublante avec une chaussure chinoise traditionnelle (lire la légende ici), on peut aussi imaginer l’influence du voyage en Chine de Marco Polo quelques siècles auparavant, ou plus simplement se rappeler que Venise était la porte de tout commerce avec l’Orient et que la suggestion d’une semelle compensée a pu être ramenée par n’importe quel riche marchand dans une ville où la noblesse était friande de nouveauté.

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Qixie, chaussure mandchoue, 19e

Bref : la chopine est une chaussure typiquement vénitienne.

A Venise, la chopine devient le symbole même de la richesse et de l'aristocratie. La taille des chopines indiquait le statut social de celle qui les portait et pouvait varier entre 17, 20 et 70 centimètres. Aussi, les dames ne pouvaient se déplacer avec ces "échasses" sans l'aide d’une canne ou de domestiques sur lesquels s’appuyer –ou encore de quelque galant homme.

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Chopines, 16e siècle?

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Chopine, Venise, vers 1590-1600

Marcher avec des chopines était si peu élégant, si ridicule et si instable que des voyageurs de tous les pays se rendaient à Venise afin de voir de leurs propres yeux ce phénomène improbable. Pourtant, dans son manuel de danse intitulé Nobilità di dame (1600), le danseur italien Fabritio Caroso écrit qu'avec de l'entraînement, une femme portant des chopines pouvait se déplacer “avec grâce, sensualité, et beauté”. (source)

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Venetian Courtesan, Pietro Bertelli 1589 (cliquer pour agrandir)

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Lady and Escort Walking (à Barcelone?), Weiditz Christopher, 1529

Je disais au début de cet article que ces chaussures étaient utilisées en tant que sabot dans le but de protéger les chaussures et habits de la boue et des débris. Effectivement, ces chopines permettaient de circuler dans Venise lorsque l’acqua alta envahissait la ville. Même si je m’imagine mal marcher dans l’eau perchée sur de tels engins, je dois avouer que c’est une raison plausible. Elles étaient aussi sensées permettre de marcher  dans les ruelles et les dans cours qui alors n'étaient pas toutes pavées. Mmmm… je ne vois pas trop en quoi se percher sur 70cm -ou moins- de semelle permettrait de mieux marcher dans des rues non pavées, mais bon, admettons (en fait, c'est surtout utiliser des "sabots" cousus de dentelle et de pierres précieuses pour marcher dans l'eau ou dans la boue qui m'interpelle!!!).

En fait, de leur initial rôle de sabot elles se sont petit à petit affranchies, et la vraie raison de cette mode était son utilité sociale : comme toutes les modes de ces anciens temps, celle des chopines est devenue ce qu’elle était « grâce » aux avantages que certains y trouvaient… Les maris vénitiens auraient imposé les chopines à leurs épouses pour les empêcher de « s'égarer » : sortir accompagnées par deux domestiques ne permettait pas aux femmes d’être volages. L'église également voyait d'un bon œil le port de la chopine qui, en gênant le mouvement, décourageait certaines activités condamnables comme la danse. (source)

Mais ce que je trouve le plus intéressant concernant les chopines, bien que ne trouvant nulle part plus de renseignements sur la question, c’est la conséquence de cette mode discutable :

Par deux fois, en 1430 et en 1512, le Maggior Consiglio interdit d’utiliser « les infâmes chaussures » d'une hauteur supérieure à 20 cm. En effet, les fausses couches provoquées par les chutes vertigineuses dont étaient régulièrement victimes les femmes marchant à l’aide de chopines étaient nombreuses. Une autre raison était aussi de mettre un frein à la compétition entre les femmes et aux excès de luxe.

Ces interdictions restèrent sans effet. La mode a ses raisons que la raison ignore.

*****

Des explications et des illustrations, si vous lisez l'anglais, ici.

mercredi, 10 août 2011

Venise est ailleurs

Venise n'est pas là où tu crois
Venise aujourd'hui c'est chez toi
C'est où tu vas, c'est où tu veux
C'est l'endroit où tu es heureux

(Venise n'est pas en Italie, paroles de Claude Lemesle)

Trêve de poésie. Depuis 1999, Venise est reconstituée à Las Vegas : The Venetian est un hôtel-casino «s’inspirant» de l’architecture de Venise. Plafonds peints, reproduction du Campanile de San Marco, et, au deuxième étage… canaux de Venise sur lesquels on peut faire un tour en gondole! L’hôtel est devenu le plus grand hôtel du monde en 2008 après la construction d’une extension, «The Palazzo» : le complexe propose plus de 7000 chambres.

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A l’origine il y avait 20kms de canaux dans l’hôtel… Aujourd’hui il en subsiste quelques centaines de mètres après réaménagement. Les visiteurs, à bord de gondoles, peuvent parcourir le Grand Canal Shoppes, le centre commercial du Venetian. Ce dernier, toujours dans le thème de Venise,  est décoré de répliques de ponts, tout comme les boutiques aménagées tels les palais vénitiens. Ça donne envie non? ;-) J'ai cherché partout mais je ne sais toujours pas si l'acqua alta est simulée de temps en temps, histoire de.

Un peu plus insolite et créatif, un autre ailleurs pour Venise : Londres. Ces photos de R. Thiele illustrent un article paru dans Harmsworth's Magazine en août 1899, If London Were Like Venice. Voir l'article et toutes les photos ici.

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On reste à Londres pour le même genre de vues, en couleur, par Valentine and Sons. Les tampons indiquent 1905 et 1906 :

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C’est aussi en 1905 que Venice, aussi appelée Venice Beach, ou Venice Of America, -ville de Mac Gyver!- ouvre en Californie, au bord de l’océan pacifique. Le milliardaire Abbot Kinney était tombé amoureux de Venise durant un voyage en Italie et décida de faire une reproduction des canaux dans une sorte de ville-parc d'attraction.

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Si l’idée est aussi stupide que faire de Venise un hôtel à Las Vegas, le résultat me semble cependant un tout petit peu moins artificiel (parce que c’était en 1905 ?). Seize miles de canaux ont été dragués, une jetée a été érigée et l’on pouvait trouver à Venice toutes sortes de divertissements typiques du début du XXe siècle. Une longue rue commerçante inspirée de l’architecture vénitienne complète le tableau folklorique.

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Les touristes avaient à leur disposition un chemin de fer miniature et des gondoles pour visiter la ville : Kinney avait loué les services d'environ trente-six gondoliers et leurs gondoleschargés sur un navire à vapeur et transportés jusqu’à la côte ouest américaine. Mais la plus grande attraction de Venice était sa longue plage.

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La population augmente rapidement et la ville est également envahie chaque week-end par un flot de touristes, mais la politique est tendue et quand Kinney meurt en 1920, Venice devient difficile à gouverner. La plupart des canaux sont pavés en 1929 pour des raisons de santé publique, et cette même année on découvre… du pétrole. En deux ans, 450 puits de pétrole couvrent le secteur et les déchets des forages bouchent les voies navigables restantes. Venice est devenue un vrai taudis. En 1945 la ville baisse les loyers et réussit à attirer beaucoup d’immigrants européens et de jeunes artistes, poètes et écrivains de la Beat Generation.

Aujourd'hui, plusieurs célébrités vivent à Venice et la plage se mue régulièrement en plateau de tournage. Il ne reste que six petits canaux en fonctionnement. On peut toujours voir les canaux comblés : ce sont maintenant des routes avec des noms évocateurs comme "la rue du Grand Canal". Le rêve de Kinney est bien loin.

Allez, on fait un bond dans le temps et on revient à notre bon "vieux" XXIe siècle, avec des Lego! Les  parcs Legoland allemands, danois et californiens possèdent des réductions de Venise reconstituée avec les célèbres petites briques de plastique. C'est mignon, ça donne envie de se remettre aux Lego, d'acheter les extensions "vaporetto" ou "pont des soupirs" (si elles existent).

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Et pour finir, vous pouvez dès maintenant investir dans l'immobilier à Dubai, dans le tout nouveau quartier : Veneto. Original non?

Voilà pour la délocalisation de Venise.

Je vous rappelle pour la petite histoire qu'en vrai, Venise est jumelée avec la ville pas du tout artificielle (bien qu'elle semble le devenir) de Suzhou en Chine, surnommée la Venise Jaune en raison de ses canaux.

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lundi, 08 août 2011

Venise

"Se Venezia non avesse il Ponte, l’Europa sarebbe un’isola"  

Mario Stefani, poète vénitien

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Publicité pour Travel Corporation India réalisée par l’agence Grey Worldwide India ; Venise Engloutie, de Charlotte Vauvilliers ; Pub Diesel Global Warm Ready, 2007 ; Fable De venise, Corto Maltese, de Hugo Pratt.

vendredi, 05 août 2011

Vacances italiennes

En juillet, j’ai failli aller au Guatemala, et puis en fait non. J’ai aussi failli voir Berlin, et puis au dernier moment, non plus. J’ai failli voir Vierzon et pareil : j’ai pas vu Vierzon. Mais aujourd’hui je pars en Italie pour deux semaines et ça c’est pas de la blague.

Tiens pour l'occasion on écoute cette chanson de Lilicub que j'adore car elle retranscrit si bien l'atmosphère d'un Voyage En Italie :
podcast
La maison de mes grands-parents se trouve dans une petite commune de Vénétie, province de Vicence, entre Agugliaro, Campiglia dei Berici, Lozzo Atestino, Ospedaletto Euganeo, Poiana Maggiore, Saletto et Sossano. Trouverez-vous comment elle s’appelle? (non, il n'y a rien à gagner!)

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Ça paie pas de mine vu comme ça hein?

Bonnes vacances à ceux qui partent –ou pas-, à bientôt! (soyez sages, je vous laisse avec des articles programmés)

lundi, 25 juillet 2011

La couture à l'oeuvre

Après quelques jours à Paris, avant de reprendre le train pour Caen j’ai filé in extremis au musée Bourdelle pour visiter l’expo des robes de Madame Grès, dont c’était le dernier jour. En fait de dernier jour, l’exposition est prolongée pendant un mois et je n’ai qu’une chose à dire : allez-y ! Courez, volez, même si la haute couture n’est pas votre priorité.

Dans le très beau musée Bourdelle, que j’ai découvert par la même occasion, la cohabitation des œuvres du sculpteur et de la couturière fonctionne étonnamment bien. Une robe orange illumine l’atelier de l’artiste, tandis qu’une toile de robe du soir semble prête à s’envoler au pied des sculptures monumentales d'Antoine Bourdelle. 

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80 robes sont exposées, et, s’il est interdit de les toucher on peut néanmoins en faire le tour  à loisir et s’en approcher dangereusement sans qu’aucun gardien ne fasse trop de zèle… Madame Grès aurait voulu être sculpteur, "pour moi, c’est la même chose de travailler le tissu ou la pierre" disait-elle. Effectivement, des coupes intemporelles, originales et plus modernes que jamais aux drapés déconcertants, en passant par de belles couleurs franches et audacieuses, on ne peut qu’admirer la technique quasi architecturale et se désoler de n’avoir pas ce génie…

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« Grès déteste couper le tissu et utilise un jersey de grande largeur, spécialement fabriqué pour elle à partir des années 1960 par Racine. Les ouvrières spécialisées, appelées « drapeuses » réduisent donc, grâce à cette technique, le lé de 280cm de large à 7cm seulement. Cette technique incroyable explique la très grande envergure des jupes qui atteignent parfois 21 mètres de circonférence. »

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Madame Grès, la couture à l’œuvre, au musée Bourdelle, prolongée jusqu’au 28 août. Prévoir du temps pour tout bien lire et admirer et voir la vidéo, moi je l’ai fait en courant en une heure et demie! La page de l'expo, ici, et un bon résumé du travail de la couturière .